Ayamé Senki

Photo de Mark Edward Harris

Parfois, il faut renoncer à montrer la beauté de face, cela peut être par trop dangereux.

Témoin celle de la princesse Ayamé, fille du roi Senki, le monarque du Shimabei.

Séjournant au Royaume, à l’intérieur du château auprès de la reine Catelyne, elle a non seulement montré à tous que sa réputation de princesse boiteuse n’était que sotie malveillante, mais a surtout par son éclat brûlé les yeux de la moitié de la gent masculine et abrégé les souffrances de vieux barbons atteints de rhumatisme articulaire aigu. Moi-même, lorsque j’écrivais telle scène où elle apparaissait, je sentais mes doigts glisser maladroitement sur les touches tant les mains devenaient moites.

On ne révélera pas de qui elle est l’épouse mais on peut au moins dire qu’elle jouera un rôle important dans la résolution d’une sombre affaire. Ajoutons aussi que dotée de toutes les beautés et de tous les talents, elle joue fort bien du fuzen et pratique une activité que seuls les hommes au Shimabei ont le droit d’exercer. Elle y est d’ailleurs redoutable, à la grande consternation de quelqu’un.

Voici une estampe qui pourrait donner une idée de sa beauté. Mais n’allons pas plus loin, encore une fois ce serait là courir un risque. Rappelons plutôt les vers du poète, dans la traduction de Mardrus des Mille et une Nuits :

Du moule de la Beauté sans défaut elle est sortie ! Ses proportions sont admirables : ni trop grande, ni trop petite, ni trop grasse, ni trop maigre ; et des rondeurs partout.
Aussi la Beauté elle-même se trouva-t-elle éprise de son image que rehaussait le léger voile tamisant ses traits modestes à la fois et hautains.
La lune est son visage ; le flexible rameau qui ondule, sa taille ; et le suave parfum du musc, son haleine.
On la dirait formée de perles liquides ; car ses membres sont si polis qu’ils réfléchissent la lune de son visage, et paraissent eux-mêmes formés de lunes, à leur tour.
Mais où est la langue qui saurait décrire ce miracle de clarté : son derrière brillant…?

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